a vallée de la Roanne réserve au promeneur sensible à la nature, un échantillonnage assez complet de ce qu'on trouve en Drôme méridionale. Partant du lit de la rivière pour atteindre la ligne des crêtes environnantes, nous allons rencontrer les différents types de végétation propre au sol calcaire.
Pivoine
e fond de la vallée, bénéficiant de l'humidité constante, offre une grande diversité d'espèces. Aux coronilles viennent se mêler les fleurs roses du bugrane, le cornouiller sanguin se développe en buissons inextricables. Plus rare dans nos régions, le cornouiller mâle aux floraisons dorées en fin d'hiver est recherché pour ses fruits agréables. Le rhus cotinus, également appelé arbre aux perruques, s'enracine profondément dans les fissures rocheuses. L'automne fait rougir son feuillage, donnant à la vallée un flamboiement éphémère. Dominant le lacis des espèces buissonnantes, on remarque le port élancé des frênes et des peupliers.
Bugrane
uittons la rivière pour monter vers les crêtes. Cet étage intermédiaire est le domaine des chênes en taillis ou en beaux arbres centenaires, des pins sylvestres, des genévriers, des buis, du thym, de la lavande sauvage, de la sarriette, de la sauge. En mai, on est frappé par l'exubérance des genêts. Sur les terrains cultivés, dont la diminution constante au profit des boisements modifie profondément l’écologie, ce sont un peu de blé, un peu d’orge, et beaucoup de lavandin, et puis de la du luzerne et sainfoin pour les chèvres.
ar les reboisements mis en place par l'ONF, qui gère plus de 3500 ha de forêts domaniales dans la vallée, les pins noirs d'Autriche ont contribué à la fixation des sols, arrêtant ainsi les menaces de l'érosion. Ceci devrait nous faire mieux accepter l'austérité de leur feuillage sombre. Les forêts domaniales de la Vallée de la Roanne sont des forêts R.T.M. (restauration des terrains en montagne). Il y a environ un siècle, l’utilisation du bois était très importante (c’était l’unique moyen de se chauffer). Les sols de nos montagnes étaient totalement dénudés, multipliant les crues, les glissements de terrain… Une vaste politique de lutte contre les risques naturels a donc été lancée par l’état à cette époque, qui a massivement racheté les terrains en montagne pour y planter du pin noir, destiné à maintenir les sols et lutter ainsi contre le ravinement. Ces forêts sont aujourd’hui gérées par l’Office National des Forêts.
Pins noirs sur les montagnes entre Pradelle et Saint-Benoît.
ans les bois de pins sylvestres, à l’automne les amateurs avertis, trouveront un grand nombre de champignons, dont les deux comestibles les plus connus sont le petit gris, et le lactaire délicieux. Sur les montagne d'Angèle, de la Servelle et de Couspeau où s'étendent de vastes pâturages, à peine la neige disparue, on découvre des colonies de crocus, de gentianes et d'orchidées. La forêt communale d'Aucelon associe les hêtres et les ifs, celle de Rochefourchat les hêtres et les sapins .
Orchidée.
uelques plantes méritent une attention particulière : le térébinthe, bien méridional mais qui pousse ici une avancée vers le nord. Plus étonnante encore, la rencontre du genévrier thuriféraire qui, dans tout le massif alpin, n'existe qu'à quelques exemplaires isolés. Contrairement au genévrier commun, il atteint la taille d'un pin. Un exemplaire existe à Saint Nazaire, prés de l’ancienne ferme de Blaï.

Textes : Mr. Félix MEGE et Extraits du livre "Le Pays de la Roanne" de
l'Association "Route de la Vallée de la Roanne"

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